mercredi 25 mars 2009

Canard enchainé du 25 mars


Dans l'édition du Canard enchainé du 25 mars, deuxième article où Sarkozy se livre ...

Communiqué de presse de la CD IUFM

Communiqué de presse Lundi 23 mars 2009
Mastérisation : sortir de la confusion et de l’incohérence (bis repetita)

La Conférence des directeurs d’IUFM ne cesse d’attirer l’attention sur le degré de confusion et
d’incohérence atteint par la réforme du recrutement et de la formation des enseignants à force d’ajouts et de rectifications successifs.

Les mesures concernant le caractère transitoire de l’année 2009-2010 ne font que rajouter un peu plus de confusion et d’incohérence :

- la juxtaposition de trois catégories d’étudiants qu’il faut désormais traiter de manière différente ;

- la nécessité de bricoler un dispositif à la hâte pour un nombre significatif d’étudiants, ceux qui
préparent les concours de professeur des écoles, des lycées professionnels, de conseiller principal
d’éducation ;

- l’obligation pour la plupart d’entrer dans la logique de préparation des actuels concours et de
s’inscrire simultanément dans des masters (quand ils existent) qui ont été construits dans une toute autre logique ;

- et, au bout du compte, la dévalorisation et la perte de crédibilité pour ces masters.

Il existe pourtant une solution simple, claire, cohérente, efficace et lisible.

Puisque l’on proroge officiellement les concours actuels, il suffit de proroger l’année qui les prépare et l’année de formation professionnelle en alternance qui les suit. Il y a là un dispositif qui, depuis une vingtaine d’années, a fait la preuve de sa cohérence et de son efficacité.
Il est alors très simple (moyennant le renforcement de la dimension recherche du mémoire de seconde année) de délivrer le diplôme ou le grade de master à tous ceux qui auront réussi ce parcours difficile et particulièrement sélectif.

Construire l’avenir
De plus, pour construire l’avenir, la Conférence des directeurs d’IUFM réitère sa proposition d’organiser des États Généraux de la formation des enseignants sous forme d’une consultation rigoureuse et démocratique de tous les acteurs de ce dossier.

Conférence des directeurs d'IUFM

Café pédagogique, 23 MARS


Formation des enseignants : Un recul et tout se complique…

L'annonce par X Darcos du maintien des concours habituels en 2010 est bien un recul. Mais est-ce compatible avec l'installation d'une nouvelle formation à ces concours ?
Dans une lettre adressée aux syndicats le 20 mars, Xavier Darcos annonce que "les concours seront maintenus dans leur état actuel pour la session 2010". Le ministre a entendu la revendication qui secoue les universités depuis 2 mois. Même recul sur la formation professionnelle des enseignants : "à partir de la rentrée 2010, une partie des obligations de service, de l'ordre d'un tiers, sera consacrée à une formation continuée renforcée permettant la mise en place d'un tutorat et de retours réguliers en formation universitaire à visée disciplinaire ou professionnelle". Par ailleurs le ministre accorde que pourront s'inscrire aux concours 2010 les étudiants déjà titulaires d'un master ou inscrits en M2 et, à titre exceptionnel, "les candidats présents aux épreuves d'admissibilité de la session 2009" ainsi que "les étudiants inscrits en M1 à la rentrée 2009". Ces derniers devront obtenir leur M2 à l'issue de l'année 2010-2011 pour devenir fonctionnaires.

C'est dire qu'il règne un certain flou entre le maintien de concours qui n'évoquent pas la nécessité d'être en master pour y accéder et un texte qui parle de masterisation. Ce flou est d'autant plus grand que très peu d'universités ont défini un programme de master, la plupart refusant d'envoyer leurs maquettes. Enfin le texte ne mentionne nulle part les IUFM qui pourtant semblent les seuls aujourd'hui en état de proposer une formation effective à la rentrée…

Partant de là, le front anti-Darcos semble se briser. L'Autonome Sup voit dans le texte ministériel "le geste que la communauté universitaire attendait". La FSU parle d'un "infléchissement réel du dossier". "Pour l'horizon 2011", note la FSU, "le ministre semble travailler maintenant sur un dispositif beaucoup plus ouvert tant dans la conception de la formation des enseignants que dans l'articulation de celle-ci avec les concours, dont les modalités et la temporalité restent pour partie à construire". Mais le syndicat estime que "ces annonces restent insuffisantes sur d'autres points : décharge de service pour les stagiaires trop faible, absence de réels pré-recrutements, flou sur le contenu de la formation de l’année de stagiaire, absence de référence aux IUFM". Il appelle donc à "poursuivre la mobilisation notamment dans l’action du 24 mars".

Le Snuipp est déjà plus critique. "Le contenu des épreuves du concours de recrutement des professeurs des écoles étant maintenu, le SNUipp demande donc que la formation en IUFM seule formation existante pour les épreuves actuelles soit maintenue et que les étudiants puissent continuer de s’y inscrire. Il serait incohérent et aberrant de se priver de l’expérience des formateurs actuels et de ne pas utiliser le dispositif de stages existant. Le SNUipp demande que cette année de préparation soit reconnue comme première année de master". Le Snuipp évoque "un dispositif aussi précipité qu’aventureux qui comporte le risque d’une dégradation de la formation professionnelle des enseignants avec ses conséquences néfastes pour les élèves" et appelle aussi à la mobilisation le 24 mars.

Le Sgen-CFDT salue "des annonces importantes mais qui… ne lèvent pas toutes les incertitudes… Pour l'année qui vient, les étudiants actuellement en licence pourront être recrutés en 2010 par des concours ayant une forme maintenue. Pour le Sgen-CFDT, il va de soi que cette décision doit s'accompagner du maintien en l'état actuel des modalités et dispositifs de préparation à ces concours dans les IUFM et les autres composantes universitaires concernées, cette année de préparation devant être validée comme M1 moyennant des adaptations prenant en compte la dimension recherche". Le Sgen estime que "les jours qui viennent seront déterminants pour l'avenir des IUFM et de leurs personnels et plus largement de la formation initiale des enseignants".

Les critiques les plus dures viennent des coordinations. La Coordination nationale des universités parle de "manœuvre dilatoire" et "d'invraisemblable inconséquence". Elle demande le retrait de la réforme de la formation des enseignants. Sauvons l'Université souligne comme la Coordination de la formation des enseignants des incohérences du texte ministériel. " Autre casse-tête à venir pour les universités : pour la préparation des CAPES, il faudrait, si l’on suit la logique du ministre, assurer l’an prochain dans chaque discipline un M2 intégrant la préparation du concours ancien, un M1 intégrant la préparation du concours ancien et conduisant à un M2 sans préparation au concours, et un M1 sans préparation au concours, conduisant à un M2 avec préparation au concours nouveau… Et il en va exactement de même pour la préparation au professorat des écoles. On mesure l’opacité totale de l’offre de formation des universités l’an prochain !" La Coordination FDE estime que " ce maintien des concours dans leur forme actuelle est une concession, dont il faut se réjouir, mais qui aboutit à une absurdité : il est impossible de préparer aux concours dans leur forme actuelle dans le cadre d’un master professionnel adapté à la préparation de concours modifiés".

Interrogé par le Café, André Ouzoulias, professeur d'IUFM, reconnaît la concession ministérielle en ce qui concerne le concours mais assortie d'une "tromperie". " Comme le maintien des épreuves est assorti d'une modification des conditions d'inscription énoncée au § 8 (seuls pourront s'inscrire les étudiants disposant d'un master ou inscrits en M2), cette concession est sans aucune valeur. En changeant le niveau de recrutement dès la prochaine session, Xavier Darcos engage en effet le processus de mastérisation voulu par le gouvernement dès 2009-2010, processus dont nous avons dit que, tel qu'il est conçu, il conduirait à une grave détérioration de la formation des enseignants… Si les syndicats acceptaient la modification des critères d'inscription, le processus de mastérisation serait lancé, avec leur accord, dans des conditions d'improvisation inacceptables au regard des exigences d'une formation d'enseignant. Les risques les plus importants que nous avons pointés jusqu'ici ne seraient pas évités : mise en concurrence des universités, des départements et des IUFM, maintien d'une année de M2 avec des objectifs inconciliables (ECTS du master, mémoire de recherche, concours et, éventuellement stage !), une 5e année de formation qui n'est plus rémunérée, dissolution progressive des IUFM, de leur potentiel de compétences et de recherche".

Pour Jean-Louis Auduc, directeur-adjoint d'IUFM, également interrogé par le Café, "tout reste à faire… Trop tournés vers l’amont, c’est-à-dire vers la validation de savoirs universitaires, et peu vers l’aval, c’est- à-dire les compétences nécessaires à l’exercice du métier, ces concours doivent être modifiés dans l’avenir".

En attendant, la journée du 24 mars devrait d'un côté voir défiler des syndicats ayant des approches différentes, de l'autre côté des tractations se nouer pour sortir d'un imbroglio administratif et politique.

mardi 24 mars 2009

Etat général sur les mobilisations ' IUFM en colère ! '

En ce 24 mars, manifestons ...

à Aix : (source : un formateur de l'iufm d'Aix)
deux rendez-vous :
- 12 heures, site d'Aix, petit amphi, assemblée générale des formateurs et des élèves professeurs,
- 14 heures, devant le Rectorat, manifestation avec lancer de chaussures.

Le ministre de l'éducation nationale n'a pas bien compris ce qu'il devait changer dans sa réforme. Si nous voulons être entendus nous devons encore agir. Demain doit être une action réussie.
Pour défendre l'avenir de l'école pour tous et le métier d'enseignant soyez nombreux à vous rassembler devant le rectorat.
2 ou 3 heures de cours qui ne seront pas assurées ce n'est pas beaucoup par rapport à l'intérêt collectif. Venez avec vos stagiaires (PE2) et vos étudiants (PE1).


TOUS ENSEMBLE, MANIFESTONS
Aix : 14 h, Rectorat, lancer de chaussures
Grenoble : 11 h, campus St Martin d’Hères jusqu’au rectorat
Amiens : 11 h, gare d’Amiens pour prendre le train
Lille : 14 h 30, Porte de Parisde 12 h 13 en direction de Paris Paris : 14, Port Royal
Bordeaux : 14 h, pl. de la Victoire et 21 h, place de la Bourse
Poitiers : 14 h, départ université amphi Jpour une manif aux flambeaux avec rencontre à 21 h 30 sur le Pont de Pierre avec les enseignants du second degré
Reims : 10 h, place Drouet d’Erlon Rouen : 15 h 30, rectorat
Caen : 16 h 30, à Phénix
Rennes : 17 h 30, place de la Mairie
Clermont-Ferrand : 10 h, place Gergovia
Strasbourg : 15 h, parvis de la fac de droit
Dijon : rendez-vous à 14 h devant le rectorat et
Toulouse : 14 h, place du Capitole manif nocturne à 19 h 30 place de la Libération. ....

Bref de nombreux IUFM sont mobilisés, ce n'est pas la futile lettre de X.Darcos qui stoppera notre détermination
ON VEUT UN VRAI AVENIR POUR :
* LES FUTURS ENSEIGNANTS --> une formation spécifique au métier d'enseignement et non n'importe quel master,
* LES ENSEIGNANTS --> maintenir la formation continue et une équipe avec des collègues débutants formés
* ET LES ELEVES --> l'évolution du système éducatif est en emprise directe sur l'évolution de la société
alors LUTTONS TOUS ENSEMBLE

Xavier Darcos sur France Inter ...

Xavier Darcos répond aux questions de Nicolas Demorand, de Sonia Bouran, de Thomas Legrand et des auditeurs dans le 7/10 de France Inter le 24 mars

Sans commentaire... regardez :

http://www.dailymotion.com/video/x8rhqe_xavier-darcos-france-inter_news

http://www.dailymotion.com/video/x8rhzd_xavier-darcos-france-inter_news

  • Pour compléter:

Dépêche AFP

Recrutement des enseignants: épreuves "le plus tôt possible"

Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a indiqué mardi sur France Inter qu'il souhaitait que les concours d'admissibilité de recrutement des enseignants se fassent "le plus tôt possible dans l'année" scolaire, dans le cadre de la réforme de la formation.

Cette réforme prévoit que les enseignants soient dorénavant formés à l'université et recrutés au niveau master (Bac+5), les concours se déroulant lors de leur deuxième année de master.

A la question de savoir comment les étudiants allaient pouvoir préparer la même année des concours et leur diplôme de master, le ministre a répondu: "nous allons faire passer les concours le plus tôt possible dans l'année, sans doute en octobre, de sorte qu'ils soient débarrassés des épreuves pratiques (...) et que ceux qui veulent faire des master de recherche puissent le faire tranquillement".

Le ministère a précisé à l'AFP que les concours 2010, qui eux restent inchangés, se dérouleraient en février comme actuellement (pour l'admissibilité). En revanche, pour les nouveaux concours, prévus à partir de la session 2011, des discussions sont en cours sur la date à laquelle pourront se tenir des épreuves d'admissibilité. Les épreuves d'admission resteront quant à elles, en avril-mai, a dit le ministère.

En outre, a indiqué, M. Darcos, les "étudiants qui voudraient poursuivre leur recherche" pourront "garder pendant un an le bénéfice du concours et le retrouver l'année d'après".

Sur cette réforme, le ministre a indiqué qu'il allait "finir de négocier dans la semaine avec Valérie Pécresse" la ministre de l'Enseignement supérieur.

Par ailleurs, le ministre a affirmé que "la revalorisation" des enseignants promise par le chef de l'Etat "serait pour la rentrée 2010".

  • Juste un commentaire, je ne résiste pas...

Sur France Inter à 9h Darcos annonce: "les concours 2010 auront lieu en Octobre 2009, avant de bafouiller "laisser moi le temps d'en discuter avec les syndicats"... Et hop 1h plus tard le ministère indique à l'AFP que le concours 2010 se dérouleront en février !

Et oui M. Darcos tout le monde s'y perd..

samedi 21 mars 2009

Réponse des syndicats à la lettre de Darcos

Communiqué de la FSU et de ses syndicats SNES, SNUIPP, SNESUP, SNEP, SNUEP, SNETAP
d'après le SNU-ipp
Formation et recrutement des enseignants : Des évolutions qui prennent en compte les mobilisations
La détermination des personnels des universités, de la recherche, du primaire et du secondaire, réaffichée par la participation massive aux grèves et manifestations du 19 mars, les prises de position fermes de la FSU « d’abandon du dispositif actuel et d’ouverture de négociations pour une autre réforme », de ses syndicats nationaux et d’autres organisations, semblent avoir des retombées sur les positions du gouvernement. Le ministre de l'Éducation Nationale, dans une adresse aux organisations syndicales, précise un certain nombre de points qui infléchissent sensiblement les projets connus jusqu'ici en matière de « mastérisation ».
Pour l'année universitaire 2009-2010, le maintien des concours dans leur forme actuelle, va permettre aux étudiants d'y voir plus clair et donne du temps pour construire un nouveau dispositif.
Les propositions nouvelles apportées sur les conditions d'inscription en formation et aux concours, la formation, les concours et les droits ouverts par la réussite ou la présence à ceux-ci, constituent des pistes de travail à approfondir.
Des éléments auront à être précisés (quid des candidats ayant déjà présenté un concours mais ne s’étant pas présenté en 2009 ? retombées sur le nombre de stagiaires enseignant à la rentée 2010 ? …)
Pour l'horizon 2011, le ministre semble travailler maintenant sur un dispositif beaucoup plus ouvert tant dans la conception de la formation des enseignants que dans l'articulation de celle-ci avec les concours, dont les modalités et la temporalité restent pour partie à construire. Le ministre reconnaît notamment qu'une formation est nécessaire après l'admission au concours, qu'elle ne peut se limiter à un simple compagnonnage et que les étudiants en master ne peuvent être utilisés comme des moyens de remplacement ou de compensation des décharges de directeur d’école. Il réaffirme que le recrutement des enseignants et CPE se fera par concours et annonce l'ouverture d'une réflexion sur les emplois réservés d'assistants d’éducation.
Par ailleurs, le ministre précise pour la première fois que la revalorisation devra concerner l'ensemble des personnels.
Toutefois, ces annonces restent insuffisantes sur d'autres points : décharge de service pour les stagiaires trop faible, absence de réels pré-recrutements, flou sur le contenu de la formation de l’année de stagiaire, absence de référence aux IUFM...
La FSU et ses syndicats entendent poursuivre la mobilisation notamment dans l’action du 24 mars et ils continueront à intervenir auprès des ministères pour faire prendre en compte leurs demandes pour la formation des maîtres, notamment :
  • Une année de stage, après le recrutement, qui soit une véritable année de formation en alternance et d’entrée progressive dans le métier, avec mi-temps en responsabilité et mi-temps en formation.
  • Des pré-recrutements qui permettent de prendre en compte l’allongement du nombre d’années d’études.
  • L’articulation master/concours. Une conception des masters à venir inscrivant ceux-ci dans les objectifs scientifiques et professionnels de ce niveau de formation.
  • Des stages avant le recrutement centrés sur la formation des candidats. La préservation du potentiel de formation des enseignants avec maintien d’IUFM rénovés adossés à la recherche en éducation.
  • Une programmation pluriannuelle des recrutements avec un nombre de postes correspondant aux besoins.
  • La mise en place de dispositifs particuliers pour permettre aux enseignements professionnels de bénéficier d’une augmentation du niveau de formation et d’un recrutement par concours national.

Les nouvelles propositions apparaissent comme un infléchissement réel du dossier. Elles devraient permettre d’engager des discussions sur une nouvelle formation des enseignants, ce qui nécessite l’ouverture de réelles négociations, associant les différents ministères concernés. La FSU et ses syndicats informeront les personnels et mèneront le débat avec eux pour prendre en compte leurs appréciations et propositions. Il est indispensable qu'au delà du dossier formation des maîtres, le gouvernement réponde à l'ensemble des revendications des personnels de l'Université et de la Recherche largement portées par les syndicats de la FSU concernés. Ceux-ci poursuivront les mobilisations pour ce faire et en particulier le 24 mars.

vendredi 20 mars 2009

Avancées sur la réforme... mais qui n'en sont pas !

Lettre de X.Darcos au lendemain de cette journée d'action interprofessionnelle
Un début !
Maintenant reste à définir la suite du mouvement !
Car pour ce qu'il en est du nombre de postes au concours 2009 on n'a pas gagné, la seule réplique de Darcos à ce sujet est que CRPE 2009 et CRPE 2010 offrirons sensiblement le même nombre de postes. (à la fin de sa lettre)
Venez tous en débattre lundi soir à la nuit des IUFM : 18h 30 site IUFM Avignon

Scoop,..... Victoire ? [1]

ACTUALITE : d'après l'iufm d'Aix-Marseille :

VOUS ETES CANDIDAT A UN CONCOURS 2009
Admis, admissible, non admis : et après ?


Vous êtes étudiant à l'IUFM Aix-Marseille en 2008/2009 et, dans le cadre du projet de nouveaux concours de recrutement de professeurs, vous vous questionnez sur la suite de cette année.
Actuellement, une large majorité des étudiantes et des étudiants inscrits en année de préparation à un concours ne disposent que d’une licence. Malheureusement, toutes et tous ne réussiront pas le concours et vous serez nombreux à vous poser la question de votre devenir une fois les résultats connus.
Des mesures transitoires sont mises en place pour être favorables aux étudiants qui ne seraient pas admis au concours en 2009 et qui ne remplissent pas les conditons requises par les changements.
Les préinscriptions pour la formation au métier de professeur des écoles pour la rentrée 2009/2010 sont ouvertes depuis le 10 mars, ATTENTION les préinscriptions sont réservées uniquement pour les étudiants NÉO qui n'ont jamais suivi une 1ère année de PE1.
(que faisons-nous alors ?)

Une campagne d'inscription pour les redoublements sera ouverte comme d'habitude entre mai et juin, c'est à ce moment là que vous devrez saisir une demande soit de redoublement, soit d'inscription en master si la réforme passe.
A ce sujet des mesures transitoires seront mises en place pour être favorable aux étudiants qui ne seraient pas admis au concours 2009.

Voici le schéma des études :
http://www.aix-mrs.iufm.fr/index.php?quoi=etu1


Il a été demandé à tous les enseignants de l’IUFM de rassembler des évaluations individuelles afin de constituer des dossiers permettant d’instruire des inscriptions directement en M2, en dispense d’un M1. Il serait souhaitable que nous arrivions à proposer cette solution au plus grand nombre d'étudiants non admissibles au concours 2009 mais, de la même manière que nous examinions les demandes de redoublement au cas par cas et que nous ne les acceptions pas toutes, il n’y aura aucune automaticité dans ce processus.

jeudi 19 mars 2009

Manif énorme

A la recherche d'articles ...

en voici un quoi non une vidéo sur avignews :
http://www.avignews.com/record-battu-pour-cette-manifestation-a-avignon-@/video.jspz?video=98102

je continue la pêche à l'info

mercredi 18 mars 2009

Notre action du mardi médiatisée
















Le dauphiné libéré, le 17 mars
ENSEIGNEMENT : Les étudiants de l'IUFM restent mobilisés contre la réforme Darcos
Au lieu de déjeuner, ils ont choisi de manifester. Hier à 13 heures, une centaine d'étudiants de l'IUFM (225 en 1ere année, 85 en seconde) sont venus protester contre la réforme Darcos.Devant l'hôtel de ville d'Avignon et les terrasses bien garnies de la place de l'Horloge, les futurs professeurs des écoles se sont livrés à une manifestation plutôt festive, chorégraphie et chansons à l'appui. Mais la bonne humeur n'empêche pas les revendications, à savoir le retrait de la réforme telle qu'elle est proposée par le ministre de l'Education nationale.
La professionalisation en question
Premier point d'achoppement: la masterisation. «On n'y est pas opposés sauf si, comme c'est le cas, la formation perd sa professionalisation» explique Claude Maurin, enseignant en mathématiques. Concrêtement, en première année, «on passe de trois stages de trois semaines à un seul».Autre motif de mobilisation: la réduction du nombre des postes. «A terme, le concours est amené à disparaître» dénoncent les manifestants qui refusent également la mise en place des EPE. «Les Etablissements publics d'éducation remplaceront les directeurs d'école. On ne parle plus que de rentabilité et d'économies ».A 13h30, les manifestants ont rejoint leurs salles de cours. Mais ils reviendront mardi prochain, à la même heure et au même endroit. Ils répondront aussi présents ce jeudi 19 mars à la journée de grève nationale.


AVIGNEWS, le 17 mars :

Les étudiants de l’IUFM restent mobilisés contre la réforme Darcos.Vêtus d’un gilet jaune, une grosse centaine d’étudiants de l’IUFM ont chanté, dansé, joué au volley durant une demi-heure place de l’Horloge hier, mardi. Leurs revendications contre la réforme Darcos n’ont pas changé : une formation de qualité et une revalorisation de leur métier. Cette action se veut ludique et démonstrative. Les cours ont repris pour ces futurs enseignants qui passe le concours en avril. Mais le combat continue.“Il n’y a pas eu de réel changement sur la réforme Darcos, on ne veut pas qu’elle passe en septembre”, explique Elise étudiante à l’IUFM. Alors, tous les mardis entre 12h et 14h, les futurs enseignants vont continuer ce genre d’actions dans les rues d’Avignon.

+ vidéo : http://www.avignews.com/article.jspz?article=14166

lundi 16 mars 2009

Compte rendu de la réunion du lundi 16 mars

Ordres du jour :
> Faire le point sur le mouvement à l'échelle locale et nationale
> Résumer le début du mouvement pour informer les PE2
> Manif de jeudi 19 mars ce doit être d'ampleur gigantesque


LE MOUVEMENT :
- 73 fac aujourd'hui sont mobilisées contre cette réforme
- Conférence des directeurs des IUFM, lettre ouverte pour critiquer la mastérisation + communiqué de presse de Darcos et Pécresse ( cf. voir article antérieur sur le blog)
- La rentrée de septembre prochain s'annonce être une année universitaire; structure et modalité d'évaluation change en cours d'année

- Seulement 3 maquettes sont remontées sur 83 fac. Report de dépôt de celle ci au 31 mars et par conséquent soumises à 15 jours de consultation.

- Le "nouveau système" tel qui l'est conçu par le gouvernement coûtera plus cher que le modèle actuel alors que un gain budgétaire est avncé comme argument par le gouvernement.

MANIFESTATION NATIONALE DU 19 MARS :
Il faut être nombreux, très nombreux et que l'on se fasse entendre, cette journée d'action nationale est très importante et peut être même décessive.
Certes les cours ne sont pas annulés mais il peut être envisageable que 2 étudiants par cours assurés aillent en cours et les autres récupèrent.
" Un cours ça se rattrappe, une manif manquée NON" déclare Mr Maurin, formateur à l'IUFM.

MANIFESTATION DU MARDI :
Dans un intervalle bref, les étudiants de l'IUFM doivent se montrer; si le mouvement diminue d'intensité : le gouvernement passera en force.
En ce qui concerne ce mardi, c'est à dire demain, rendez vous 12 h et départ pour la rue de la république et place de l'horloge où la presse nous attend.
Il faut être très nombreux pour manifester notre désaccord

"Il faut continuer la mobilisation pour pouvoir récolter les fruits de cette mobilisation. La somme d'un groupe est faite de l'union de la force des individus."
Toujours AG maintenue le MERCREDI à 13H en SALLE DE CONF pour mettre au point nos actions.

"Nuit des iufm " fixée au lundi 23 mars dès 18H30, un tableau a été mis en place pour savoir qui amène quoi pour organiser l'apéritif dinatoire.

Ce n'est pas qu"une histoire du concours, c'est une réforme de l'ensemble du système éducatif


Durant cette après-midi : des tracts à distribuer demain et jeudi pour informer les gens de la reforme et les inviter à la nuit des iufm ont été élaborés ainsi qu'une affiche qui sera donnée aux PE2 de sorte à diffuser l'info auprès des collègues enseignants mais aussi aux parents d'élèves de leur école.

PROCHAIN RDV : demain 12h dans le Hall, avec nos gilets jaunes

Continuons notre combat.

La pression monte en ce lundi 16 MARS

1° ) Les dix nouveaux commandements d'après le café pédagogique

Taille de police La réforme (ce mot a-t-il encore un sens ?) de la formation des enseignants, qui fait actuellement l’objet de vives critiques, n’est-elle qu’un moyen de faire des économies, ou vise-t-elle à transformer en profondeur la culture et les ambitions de l’école de la République ? Nombre de points de vue exprimés dans les colonnes du Café le pensent.Mais s’il fallait un signe de plus, un indice, le projet de texte régissant l’organisation de la formation, que le Café s’est procuré, l’indique dans d’un bref paragraphe, définissant le « métier d’enseignant » d’une manière radicalement différente de ce qui était énoncé dans les « dix compétences fondamentales pour le métier d’enseignant », publiées en 2006 par un ministère dont l’orientation politique était pourtant proche…
Qu’on en juge :
1« maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale »,
2« agir en fonctionnaire éthique et responsable »,
3« se former et innover » ne sont plus cités.
4« faire cours et faire apprendre » remplace « organiser le travail de la classe »,
5« individualiser son enseignement » remplace « prendre en compte la diversité des élèves »
6« évaluer les aptitudes » remplace « évaluer les élèves »
7« exiger des efforts et donner confiance »,
8« percevoir les talents »,
9« aider l’élève dans son projet d’orientation » viennent remplacer « travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’Ecole ».Derrière les mots, toute une idéologie : celle de l’individualisme, des dons, du mérite. Le gouvernement pousse sa logique à l’extrême : le social n’existe plus, le collectif non plus.Ce texte est évidemment un épiphénomène, mais il en dit long sur ce qu’on veut faire à l’Ecole. C’est bien d’une révolution libérale qu’il est question. Rien d’étonnant, dans une telle perspective, que le ministre refuse d’entendre la question essentielle de l’articulation entre les phases de prise en main de la classe et le retour réflexif indispensable pour apprendre à faire son métier, comme le font les médecins ou les plombiers.


Pourtant, la question essentielle devrait être de construire une formation initiale permettant d’armer des jeunes enseignants à entrer dans un métier de plus en plus difficile :
- maîtriser les savoirs à enseigner, évidemment, mais aussi pouvoir commencer à comprendre les difficultés d’apprentissage des élèves, leurs différentes manières de vivre l’Ecole, l’irruption des difficultés sociales dans l’Ecole…
- apprendre à « faire classe » pour ne pas en rester à « faire cours », enchaîner les multiples micro-décisions qu’il faut prendre à chaud à tout moment de la journée, gérer sa propre activité sans trop s’user prématurément, gagner en sécurité personnelle…
travailler collectivement pour pouvoir ensemble s’attaquer aux difficultés du métier et à sa pénibilité, mesurer l’importance du travail d’équipe pour faire vivre l’école, assumer les relations avec les familles et les « partenaires » avec le recul nécessaire…On en est loin. Et une chose semble certaine : si dans les prochaines semaines ce projet reste en place, les élèves et les enseignants n’ont pas fini d’en payer le prix.M. Sapiès.


2°) Emmanuel Brassat de l'IUFM de Versailles

Je suis heureux et étonné de retrouver l'association Reconstruire l'école dans notre mouvement, dans la défense d'un enseignement public et démocratique.Je voudrais seulement rappeler à la mémoire commune que beaucoup de membres de cette association furent d'ardents partisans de la dénonciation des IUFM, de la thèse de la nocivité et de l'incurie de tout discours pédagogique. Thèse sur laquelle l'actuel gouvernement, croyant se rallier une partie de la gauche universitaire, a pu s'appuyer pour immoler nos établissements, comme l'avait fait Vichy avec les défuntes Ecoles Normales d'instituteurs et d'institutrices.Je sais que ce n'est pas la même chose que ce que fut le système des EN et ENS, et ce qu'aura été l'IUFM depuis 20 ans...Mais il ne faudrait pas oublier qu'il y avait, autour de la mise en place des ces établissements, justement, un enjeu de formation professionnelle des enseignants qui impliquait de se soucier de la réalité des pratiques pédagogiques.Un tel souci était d'ailleurs déjà celui du sociologue Bourdieu dans sa critique du système scolaire comme lieu de reproduction sociale inégalitaire, celui de concevoir une pédagogie objective émancipatrice. Qu'il ait été décliné de façon parfois médiocre, car trop éloigné d'une véritable rigueur scientifique, culturelle et philosophique, n'impliquait pas de vouloir le liquider. Qui désormais saura encore un peu sérieusement la musique et le dessin parmi les professeurs des écoles et le rôle éducatif de ces pratiques? Professeurs auxquels, par ailleurs, plus aucun inspecteur ne venait enseigner la juridiction de l'école depuis longtemps et qui voyaient le temps passé dans les classes durant leur formation diminuer chaque année...

Si ce n'est à devoir y être, dans les classes, pour seulement être évalué, surtout pour être évalué, toujours et encore évalué.L'évaluation de la maternelle à l'université, pour donner tort à L.Schwartz qui la réclamait en 1967, voilà ce qui compte...Qui saura encore sous peu qui furent Rollin, Comenius, Pestalozzi, Jullien, Froebel, Kergomard, Marion, Buisson,Cousinet, Decroly, Dewey, Démolins, Montessori, Aichorn, Freinet, et à quelle orientation pédagogique correspondait le plan Langevin-Wallon ?Qui saura encore que de 1945 à 1975, de nombreux enseignants du secondaire et leurs représentants se sont opposés, cela contre des gouvernements de droite et de gauche, à toute unification du primaire et du secondaire, à toute hypothèse d'un collège unique, n'ayant jamais connu le mouvement de l'Université nouvelle d'avant 1914...

Bref, il serait souhaitable que tous ceux qui ont participé, indirectement et directement au procès des IUFM, à leur remise en cause publique violente, puissent aujourd'hui expliquer de quelle nature est leur engagement dans, non pas seulement la défense des concours, des disciplines et de la fonction publique nationale d'enseignement, (c'est consensuel) mais également dans la conception que l'on a de ce qu'est l'enseignement et de ses modalités d'exercice, et pas seulement en séminaire doctoral à l'université ou dans les classes préparatoires.L' "Ecole" publique va encore, je crois, de la maternelle à l'université...Peut-être que l'invention pédagogique, le souci démocratique et la formation professionnelle des enseignants ont partie liée.A invoquer de grands slogans communs, dans l'urgence, on oublie que ce qui a contribué à affaiblir l'institution scolaire, ce n'est pas le puéricentrisme, mais plutôt l'absence d'ambition intellectuelle pratique de cette institution quant à ses méthodes d'enseignement et à sa vision des élèves, des étudiants, cela de la maternelle à l'université; hormis la volonté de préserver le circuit des élites (de plus en plus isolées) et les statuts (de plus en plus attaqués).

La Droite savait fort bien qu'il n'y avait pas de consensus réel dans, par exemple, la défense des programmes de l'école primaire, des Rased, des ZEP, et qu'il était donc facile de s'en prendre à la structure nodale du recrutement de la plus grande masse des enseignants, l' "IUFM", parce que personne ne savait plus véritablement quelle était sa place institutionnelle profonde, ni non plus encore la nature de sa nécessité fonctionnelle et politique.Je prends ainsi le risque de réveiller de forts méchants débats, mais n'ayant, pour ma part, jamais idéalisé les IUFM, je me crois autorisé à pouvoir et devoir les défendre.L'ignorance, la perte de mémoire, le dogmatisme, les conventions finalement apolitiques, voilà ce qui nuit aussi aux institutions publiques et à l'esprit démocratique.

Emmanuel Brassat.IUFM de Versailles.

Propos d'un député

Réponse de Marcel Rogemont, député d’Ille et Vilaine, à la lettre du Collectif National Formation des Enseignants

Réponse reçue le 13 mars au courriel envoyé le jour même. Tous les députés et sénateurs de la région
bretagne en ont été destinataires.

Cher Monsieur,
j’ai bien reçu votre courriel. Je l’ai lu avec attention.
Vous m’interpellez sur la mise en place de la mastérisation dans le cadre de la formation des maîtres.
Non content de supprimer 13 500 postes, le gouvernement UMP s’apprête à priver les futurs enseignants d’une réelle formation qui leur permettrait de faire convenablement leur métier.
Cette réforme de la formation des maîtres est injuste et inapplicable.

Injuste, parce qu’en repoussant d’un an l’entrée de jeunes dans la fonction publique, elle prive de nombreux étudiants d’une rémunération dont ils ont besoin pour faire leurs études.
Injuste, parce que toutes les universités n’offriront pas les masters exigés pour entrer dans l’enseignement, ce qui créera une inégalité entre les territoires.
Injuste, car de nombreux départements ruraux, vont voir leur antenne IUFM fermer, en raison de l’asphyxie financière imposée aux universités. Pourtant, il est nécessaire de rendre attrayant le métier de professeur des écoles en milieu rural – à moins que l’on ne ferme encore un peu plus d’écoles communales.
Injuste, parce que le gouvernement UMP sacrifie la formation professionnelle. En réduisant des deux tiers les stages de formation, il prend la responsabilité de laisser devant des élèves de jeunes enseignants qui ne maîtrisent pas le métier. Ce serait catastrophique pour les jeunes maîtres, mais aussi pour les élèves.
Enfin, cette réforme est inapplicable parce quune fois de plus, le gouvernement veut l’imposer sans concertation, à la va-vite.

Même si cependant le gouvernement semble reculer puisqu’il définit un nouveau calendrier qui verrait l’étalement de l’application cette réforme jusqu’en 2011. Il reconnaît par là-même les remarques formulées par les professionnels mais aussi par les élus du groupe socialiste de l’assemblée nationale auquel j’appartiens. On peut déplorer que le seul motif de la réforme pour le gouvernement est de racler les fonds de tiroir de l’État en diminuant encore de 20 000 le nombre des postes d’enseignant. C’est le plus important plan social qu’ait connu notre pays !
J’entends bien comprendre cette réforme à l’assemblée nationale telle qu’elle nous est présentée.
Je tenais à vous en informer.
Cordialement
Marcel ROGEMONT Député,Conseiller général


Ci joint la lettre du collectif national :
Lettre aux députés et sénateurs
Le 13 mars 2009
Monsieur,
Le gouvernement a engagé un processus de réforme de la formation des enseignants, dit de « mastérisation, qui a été ouvert par le Président de la République le 2 juin dernier. Or, pour toutes les parties prenantes (universités, désormais par la voix de la Conférence des Présidents, départements universitaires, IUFM, sociétés savantes, organisations syndicales et professionnelles, syndicats étudiants et fédérations de parents d’élèves…), s’il est normal de vouloir améliorer la formation des maîtres, le projet gouvernemental tourne le dos à cet objectif. Certains de ses défauts sont particulièrement pointés :
- L’année de formation en alternance après le concours est supprimée sans être compensée par une formation pré-professionnelle de qualité au cours de la licence et du master. Les lauréats du concours devront ainsi assurer immédiatement un plein temps, sans véritable préparation, ni accompagnement. Les difficultés des débutants déjà remarquées dans la formation actuelle, seront considérablement amplifiées.
- La place du concours de recrutement lors de l’année de mastèr 2 retarde de fait d’un an la première rémunération des étudiants, sans vraie compensation financière permettant à tous de faire des études dans de bonnes conditions. Aucune mesure sérieuse n’est prévue pour favoriser l’accès au métier des jeunes issus des milieux populaires.
- La deuxième année du master cumule différentes contraintes inconciliables : préparation à un concours difficile (d’autant que le nombre de postes baisse), formation à la recherche, formation professionnelle.- Les épreuves des concours ont été conçues sans concertation, dans la précipitation, avec comme seul objectif la réduction des coûts. Leur conception hybride ne permet de garantir ni les compétences professionnelles, ni les connaissances disciplinaires.
- L’absence de cadrage national et la mise en concurrence des universités va renforcer les inégalités entre les villes, les départements et les régions. De plus, l’existence des sites IUFM, généralement installés dans les locaux des anciennes écoles normales, est menacée dans les départements ruraux.
- Les possibilités de formation continue seront dramatiquement réduites dans le premier degré.
- Le gouvernement refuse, pour des raisons purement idéologiques, de concevoir la coordination et l’organisation interuniversitaires des formations par les IUFM (ou des institutions similaires intégrées aux universités), pour permettre une véritable mutualisation des forces, des connaissances et des possibilités de recherche.
Si le projet était maintenu en l’état, nous irions vers une grave et durable détérioration de la qualité du service public d’éducation, alors qu’au contraire, les instances européennes engagent les Etats à un investissement conséquent pour l’élévation de la qualité de la formation des enseignants.
De surcroît, alors que cette réforme rompt le lien organique entre la République, ses maîtres et son école, elle a été engagée en dénigrant toute notre histoire démocratique, elle n’a pas fait l’objet d’une concertation avec les parties prenantes et elle n’a donné lieu à aucun débat parlementaire. Or, la formation des maîtres est un enjeu national, car définir la manière de former les enseignants, c’est déterminer les formes que prendront l’éducation et l’instruction des jeunes générations pendant les quarante années suivantes…

Aucune réforme de l’importance de celle-ci ne devrait pouvoir se décider sans que les représentants du peuple aient à en débattre, à indiquer des orientations, voire à légiférer.

En cohérence avec les doléances exprimées par les universités et leurs présidents le 19 février dernier, nous vous demandons donc d’intervenir auprès du gouvernement pour qu’il suspende sa réforme, qu’il maintienne jusqu’en 2010 au moins les concours de recrutement dans leur configuration actuelle et qu’il mette à profit ce délai pour organiser la concertation et les négociations nécessaires pour concevoir, dans le respect des parties prenantes, une reforme digne de ce nom.
Nous vous demandons également de prendre position publiquement en faveur d’un débat parlementaire sur ce sujet de la plus haute importance pour l’avenir de notre société et vous saurions gré de nous faire connaître votre accord.
Vous remerciant de votre intérêt pour la formation des enseignants et, au-delà, pour l’école, veuillez croire à notre dévouement au service public d’éducation et à nos sentiments respectueux.

Coordination Nationale des Enseignants